Omerta à l’hôpital

Illustré
Valérie Auslender
SoSkuld
Michalon
2018
Album broché de 118 pages au format 16,5×24 cm

Le Dr Valérie Auslender a écrit son livre “Omerta à l’hôpital” à partir d’une enquête auprès d’étudiants en médecine qui révéla un % impressionnant de futurs médecins ayant subi des violences psychologiques, des humiliations, des propos sexistes ou racistes lors de leurs études. Ces comportements inacceptables de la part de pairs, professionnels envers leurs étudiants se retrouvent aussi chez les élèves infirmiers ou aides-soignants.
En découvrant le travail de SoSkuld sur son blog, Valérie Auslender a souhaité faire une version illustrée de son livre.
SoSkuld s’est donc inspirée directement d’une partie de ces témoignages, mais aussi de ses propres souvenirs comme des nombreux retours parvenus après la parution du livre. Les séquences dessinées sont suivies de nombreuses citations d’experts et personnalités ayant collaboré au livre.

  • Le livre découpé en “comportements” débute par l’humiliation: phrases anodines parfois reflétant la bêtise mais aussi véritable volonté de nuire devant un parterre de collègues, de patients. Touchant le travail mais aussi le physique. Les réflexions désobligeantes, inadaptées et injustes voire les insultes sont le meilleur moyen de démotiver quiconque. Peut-on être bienveillant avec un patient quand on est malveillant avec un élève, un stagiaire? Comment apprendre face aux mises en échec orchestrées?
  • La déshumanisation: le stagiaire n’est rien, ignoré, méprisé, considéré comme un poids dans le service, incapable de progresser, victime de tous les clichés au même titre que les patients. Soumis aux injonctions contradictoires ou infaisables, aux propos sexistes, aux mensonges éhontés. L’étudiant passant dans de tels services ne sortira pas indemne psychologiquement.
  • L’acharnement: les basses vengeances des aides-soignants, des infirmiers face à des étudiants qui dans quelques années deviendront leurs supérieurs expliquent souvent de tels comportements. Certains font parfois subir aux nouveaux ce qu’ils ont eux-mêmes subis des années plus tôt. La méchanceté gratuite peut être sans limite parfois!
  • L’incompétence: c’est le leitmotiv asséné jour après jour à certains étudiants par des encadrants sans compassion, sans pédagogie, reportant sur les autres leurs propres insuffisances et frustrations. De quoi entamer toute motivation, assurance, confiance en soi.
  • Nulle reconnaissance mais l’ignorance comme arme de destruction, ne donner que des tâches sans intérêt, sans rapport avec le stage et la formation, la mise à l’écart lors des repas et en conclusion une note de stage précisant que l’étudiant ne s’intéresse à rien! La mauvaise foi comme seul critère de notation….
  • L’abus de pouvoir, autre arme préférée des incompétents, subtil mélange de suffisance, de manque de respect, d’agressivité inappropriée. Lorsque le devoir de formation devient domination et arbitraire.
  • L’exploitation des stagiaires, main d’oeuvre bon marché, sans eux, le service ne tourne plus. Les journées sans fin suivies par des gardes qui ne respectent pas les textes de loi, tel est devenu le quotidien des futurs médecins, corvéables à merci, dans des hôpitaux sans âme.
  • Plus rare certes, mais à ne pas étouffer, outre les remarques sexistes, ce sont parfois de vrais comportements d’agressions sexuelles qui ont cours dans nos hôpitaux!

Ces comportements inadmissibles souvent entretenus depuis des années dans un service, connus des chaines hiérarchiques, des directions ne perdurent que par l’omerta, la complicité passive, le chantage à la validation du stage en échange du silence, voire les menaces. Se taire pour ne pas dévaloriser un service, un responsable. Telle est l’unique option!

Mes études sont déjà loin, j’ai le souvenir de nombreux moments sympathiques, conviviaux, heureux lors de mes différents stages hospitaliers, mais j’avoue aussi avoir supporté des professeurs, des chefs de clinique méprisants, cassants, imbus, sans empathie, sans volonté de transmettre quoi que ce soit. J’imagine fort bien que la pression maintenant exercée à tous les niveaux dans le monde hospitalier, les réductions budgétaires, les manques d’effectifs, le “faire toujours plus avec moins” ne font qu’empirer ces phénomènes de maltraitance, de malveillance, de harcèlement moral. Les charges de travail ont pris le pas sur les relations humaines. Combien d’études abandonnées suite à ces comportements inacceptables, combien de rêves brisés, de personnalités blessées?

SoSkuld illustre avec brio tous ces témoignages. A se procurer assurément!
Alors au choix, le livre ou la bande dessinée pour prendre conscience et participer au changement.
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Omerta à l'hôpital
Copyright SoSkuld/Michalon