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Ridendo: revue
gaie pour le médecin
Préambule: l'article n'est pas finalisé et s'enrichira avec l'avancement
de mes lectures des autres années.
Ridendo (dérivé de
"rideo", rire en latin) fut une revue éditée par l'Office de
Vulgarisation Pharmaceutique (éditeur du fameux dictionnaire des
médicaments Vidal°) après quelques autres revues comme "Les Maux
historiques", "Les Maladies modernes" ou encore "Les Travaux d'hercule".
Ainsi, le 31 octobre 1933 voit la naissance d'un numéro 0, dirigé par
Louis Vidal et le Dr Meyniard, suivi d'un
autre numéro d'essai (non numéroté) en décembre 1933!
Puis cette édition prendra son rythme de croisière dès janvier 1934, traversera la seconde mondiale et perdurera plus de 40 ans
jusqu'en 1977.
Il était précisé que cette revue était destinée exclusivement au corps
médical et ne devait aucunement entrer en salle d'attente ou dans le
cercle familial!
S'il était possible
de s'abonner, le magazine était surtout distribué aux médecins
gratuitement (11 000 abonnés en 1937, 17 000 en 1950) grâce au financement par les Laboratoires
Pharmaceutiques et leurs publicités.
| Année |
| 1933 |
1934 |
1935 |
| 1936 |
1937 |
1938 |
| 1939 |
1940 |
1948 |
| 1949 |
1950 |
1951 |
| 1952 |
1953 |
1954 |
| 1955 |
1956 |
1957 |
| 1958 |
1959 |
1960 |
| 1961 |
1962 |
1963 |
| 1964 |
1965 |
1966 |
| 1967 |
1968 |
1969 |
| 1970 |
1971 |
1972 |
| 1973 |
1974 |
1975 |
| 1976 |
1977 |
|
|
Découvrez toutes les
couvertures des 451 n° ainsi que le
recensement
de tous les dessinateurs qui ont contribué à cette revue (hormis
quelques rares dessins non identifiés). Ceci constitue un énorme
travail qui, je l'espère, comblera les amateurs de tel ou
tel dessinateur et les orientera vers de nouvelles recherches. (La
suite prochainement)
Tous ces dessins sont la propriété de leurs
auteurs et ayant droits et de l'éditeur OVP. Ils sont utilisés à
titre illustratif. |
Repères:
Le premier n° (0) parut en octobre 1933 et le dernier (449) en
septembre 1977.
Les deux premiers n° d'octobre 33 et décembre 33 sont marqués "1ère
année" mais le 1er n° de 1934 reprendra ce repère "1ère année". On peut
donc considérer ces deux n° de 1933 comme deux numéros d'essai.
La revue adopta d'emblée le format 20,5x26,6 et le gardera tout au long de
ces décennies.
Il n'y avait en général pas de parution durant la période estivale (sauf début
juillet).
Les
451 n° représentent 12 608 pages, une hauteur de 75 cm et près de 10 000
dessins d'humour!
Dessins tous inédits jusqu'au début des années 60, ensuite, la revue
proposera des dessins inédits et d'autres publiés dans plusieurs revues
et magazines.
Le rythme:
-bimensuel de 1934 à juin 1938 (hormis juillet-août) jusqu'à juin
1939, soit 20 n° par an.
-un n° en juillet 1939 et une interruption de 6 mois jusqu'en janvier
1940.
-un n° mensuel de janvier 1940 à juin 1940.
-interruption, en raison de la guerre, de juin 1940 à mai 1948 pour
cause
de manque de papier et des difficultés de l'industrie pharmaceutique.
Louis Vidal, le fondateur, meurt en 1945.
-la revue revient avec un rythme mensuel à l'issue de la guerre (en mai 1948 sous la
direction de Gaston Sainsot) jusqu'en avril 1969
(avec une habituelle interruption estivale). La majorité des
dessinateurs ont survécu à la guerre et sont présents dans les n° de
1948.
-la revue profitant d'une vraisemblable embellie de la presse en
général redevient bimensuelle de mai 1969 à avril 1973.
-elle reprend un rythme mensuel dès mai 1973 (1er choc pétrolier)
jusqu'à 1977 avec une irrégularité dès 1976.
-le n° 449 semble être le dernier, pourtant rien dans l'édito ne le
laisse présager même si l'irrégularité des mois précédents l'augurait.
|
Selon Alexandre
Blondeau, auteur de "Histoire des Laboratoires Pharmaceutiques en
France", la raison de cet
arrêt n'est
pas liée à quelques difficultés financières ou à une
baisse de son lectorat mais au fait que le Ministère de la Santé
n'appréciait pas que les Laboratoires Pharmaceutiques puissent
ainsi participer au divertissement du corps médical!
Simone Veil, ministre de l'époque, décida de ne pas renouveler la
commission paritaire de la revue, signant ainsi son arrêt de mort
immédiat!
Ridendo, revue quarantenaire avait survécu à une guerre, à mai 68,
au choc pétrolier mais périt faute de plaire à quelques politiques
et fonctionnaires ministériels! |
A
partir de septembre 1970, les revues étaient envoyées aux médecins sous enveloppe kraft.

Couvertures:
Cette revue se caractérise par la richesse des couvertures sur
lesquelles se sont essentiellement exprimés les dessinateurs Touchet Jacques
avant la seconde guerre mondiale et Lep après celle-ci.
Toutes les couvertures sont illustrées d'un bonhomme rondouillard,
représentation d'un Esculape sage et apte au rire.
Jacques Touchet a illustré le n° 0 d'une couverture originale ainsi que
lors du n° suivant, ensuite le même dessin sera repris du n° 1 en
janvier 1934 au n° 40 en décembre 1935 (avec toutefois des couleurs différentes d'un numéro à l'autre
en 1934).
Ensuite
Touchet fera un dessin différent à chaque numéro jusqu'au n° 139 d'avril
1950.
Jacques Touchet décède en novembre 1949 (n° 134), mais
ses travaux illustreront les couvertures de Ridendo jusqu'au n° 139.
Les n° 140 et 141 accueillent de façon éphémère l'illustrateur Pierre
Leconte.
Mais Raymond Lep (qui apparait dans le n° 37 dès 1935 pour illustrer l'intérieur)
prend rapidement en main la couverture avec le n° 142 en juillet 1950 et
va l'illustrer jusqu'au dernier n° avec imagination et talent. Les
couvertures sont richement colorées.
Il est aussi intéressant de noter que la revue prendra un "sous titre"
dès le n° 40.
Ce principe durera jusqu'au dernier n°, toutefois, hormis l'édito, le
contenu n'est pas spécifiquement thématique comme le laisse penser
ces
sous-titres.
L'autre intérêt de la revue est l'illustration de publicités
médicamenteuses de façon humoristique, proposées par de talentueux
dessinateurs (Roger Cartier, Dubout, Lep, Lorioux, Pierre Soymier,
Jacques Touchet), peu nombreuses au départ puis plus fréquentes à partir
des années 60, à la fois désuètes et humoristiques.
Contenu:
Ridendo possédait 28 pages sauf les deux n° "zéro" de 1933 qui
avaient 20 pages; les n° 110, 114, 368, 370, 372, 374, 400, 401, 402,
403, 408, 409, 410 en possédaient 32 par ajout de pleines pages
publicitaires centrales.
Enfin du n° 436 au dernier n° 449, Ridendo possède 24 pages
seulement, probables conséquences du choc pétrolier de 1973 qui avait
déjà entrainé le retour de 20 à 10 n° mensuels, par ailleurs, en cette
période débutent les premières grandes manoeuvres de rachats-fusions de
l'industrie pharmaceutique avec la disparition de nombreux laboratoires
familiaux et provinciaux, dont plusieurs soutenaient par leurs publicités
la revue Ridendo.
Une sorte d'édito intitulé "Les jeux et les ris de Ridendo" fut
présent durant la totalité des numéros. Reflet des mœurs de l'époque,
de l'évolution de la société, ces textes courts et nombreux portent un
regard amusé, moqueur ou féroce sur le quotidien du médecin, sur les
dysfonctionnements des institutions, sur les écarts des politiciens ou
sur des faits divers.
Avocats, notaires, comptables sont aussi souvent la cible de joutes
verbales assez savoureuses.
C'est Robert Dieudonné qui alimente cet édito du 1er n° au n° 119 avec
beaucoup de talent, il meurt en septembre 1940 à 62 ans quelques
semaines après ce n° 119.
Jean-Paul Lacroix reprend cette rubrique jusqu'en juillet 1949 (n° 132),
relayé par André Thérive jusqu'en octobre 1967 (n° 313), c'est ensuite
Pierre Neuville qui prend les commandes jusqu'en mai 1972 (n° 390).
Jean-Paul Lacroix réapparait alors dans cet édito, vingt ans après
l'avoir quitté et l'anime jusqu'au dernier n°.
Divers textes humoristiques traitant de l'actualité, des
blagues ou histoires drôles par milliers, des histoires vécues mais cocasses, des saynètes, des portraits
de "patrons", des dessins quasiment tous inédits pendant une
trentaine d'années, très souvent médicaux mais pas exclusivement feront le succès de cette
revue pendant plusieurs décennies.
Des rubriques récurrentes comme "Les médecins vus par...", "De la
dernière couvée", "Le toubib
déchaîné", "Collaborez, amis lecteurs", des mots croisés orientés médecine.
Ainsi que divers textes, plus ou moins nombreux selon les années,
rédigés parfois par des auteurs connus (Alphonse Allais,
Tristan Bernard, Courteline, Pierre Dac, Dorgelès, Guitry, Eugène Mouton, Sheridan...), toujours pleins d'humour
et souvent centrés sur le milieu médical.
Après guerre, dès 1948, on remarque que la ligne éditoriale
sollicite de plus en plus les médecins eux-mêmes afin qu'ils alimentent
les rubriques de blagues, d'anecdotes, de textes, de poèmes et même de
dessins d'humour.
Dessinateurs:
De nombreux dessinateurs
œuvrèrent pour Ridendo, certains
débutèrent quasiment dans celle-ci comme Jean Bellus.
Quand on
recense
tous ces dessinateurs, on est surpris par la quantité de dessinateurs
occasionnels qui ne fournirent que quelques dessins, il n'est pas
impossible que de nombreux médecins, ayant un certain talent en dessin,
aient ainsi envoyé leur propres productions.
Particularité de la revue: jusqu'au début des années 60, la totalité des
dessins sont des inédits, mais à partir de cette époque, la revue
intègre des dessins diffusés par des agences, ce fut le cas
avec des dessinateurs très demandés comme Alexandre, Elbé, Lavergne, Van Dam...
Si tous n'ont pas acquis une notoriété qui a traversé le
20ème siècle, beaucoup de dessinateurs ou illustrateurs connus et
maintenant
recherchés, œuvrèrent pour Ridendo comme Alexandre, Bellus, Caille,
Chaperon, Dubout,
Effel, Faizant, Farinole, Hémard, Lavergne, Lep, Peynet, Touchet, Van
Dam.

Copyright Luc By/Ridendo n° 149 Avril 1951
Les
dessinateurs ne semblent pas avoir connu la censure avec Ridendo et
ont bénéficié d'une liberté de ton à laquelle ils n'étaient pas habitués si
l'on en croit Pierre Farinole qui, dans son ouvrage "C'était pour rire"
aux Editions Vautrain en 1953, écrit en parlant de Ridendo:
|
Tout autre
était l'humour qu'il fallait présenter à Ridendo, "revue gaie pour
le médecin"; les toubibs, généralement bienveillants, depuis leur
temps de salle de garde, pour la gaudriole de haut goût, formaient
eux-mêmes le fond de la collaboration, avec une crudité bien
gauloise et une truculence semi-scientifique, qui portaient en
elles un hommage inégal à l'inégalable Rabelais. La place que nous
laissait dans cette publication luxueusement éditée leurs envois
bénévoles, il fallait bien la remplir d'un suc de la même veine,
et c'est dire que nous laissions libre cours aux penchants les
plus licencieux et notre subconscient, en même temps que nous
cherchions nos sources dans le "Larousse médical". |
Pratique assez courante à l'époque, le lecteur attentif remarquera au fil de ses lectures
la même "blague", le même "jeu de mots" se retrouvant à quelques mois
d'intervalles sous le crayon de dessinateurs différents. Quand ce n'est
pas le dessinateur lui-même qui revisite le même gag à quelques mois
d'intervalle comme Harot.
Certains dessinateurs utilisaient aussi des pseudos et pouvaient ainsi
proposer plus de dessins comme Robert Lenoir qui signait Robert Le Noir
ou Robert Black, Lep pseudo de Leprêtre qui signait aussi sous son vrai
nom.
Remarquons aussi que sur certains dessins parus en 1940, quelques
dessinateurs signent leurs dessins en spécifiant leur régiment où ils
sont mobilisés à l'image de Ferraz au 117ème RI ou de Jean Bellus au
11ème RI.
Quelques dessinateurs disparaissent pendant cette seconde guerre
mondiale comme Bécan, Carrizey Robert.
A signaler lors des premières années, quelques rares pages de dessins parus dans des revues
étrangères, toujours dans le domaine médical, pour ces dessins, les noms
d'auteurs ne sont pas précisés.
Parfois un dessinateur avait la liberté de s'exprimer sur une pleine
page, voire sur une double page, racontant ainsi une histoire à l'aide
de nombreux dessins ou évoquant un thème spécifique. Ce fut très souvent
le cas avec Marcel Prangey (excellentes planches), Raymond Lep.
A noter une véritable planche dessinée avec cases, phylactères, scénario
linéaire et chute très drôle sur une page complète dès le n° 97 du 5
novembre 1938 et réalisée par Raymond Cazenave.
Si l'humour ou le dessin est parfois grivois, il n'est jamais vulgaire,
nous sommes loin de l'esprit carabin et des salles de garde dans
Ridendo.
Une lecture attentive des prénoms révèle quelques rares dessinatrices
comme Altier Renée, Bertin Suzanne Marie, Jean Edith, Lippert Annie, Padovani Marie,
Pouce (Gire Andrée), Trevel Maud,
Valmy Hyette...
| Année:
nombre de dessins médicaux/ nombre total de
dessins = % |
| 1933: 35/46 = 76% |
1934: 407/656 = 62% |
1935: 361/577 = 62% |
| 1936: 410/640 = 64% |
1937: 407/641 = 63% |
1938: 480/698 = 69% |
| 1939: 305/429 = 71% |
1940: 140/206 = 68% |
1948: 134/186 = 72% |
| 1949: 202/309 = 65% |
1950: 205/315 = 65% |
1951:177/350 = 50% |
| 1952: 185/365 = 50% |
1953: 177/369 = 48% |
1954: 159/360 = 44% |
| 1955: 139/369 = 38% |
1956: 118/339 = 35% |
1957: 120/306 = 39% |
| 1958: 117/348 = 34% |
1959: 99/339 = 29% |
1960: 129/389 = 33% |
| 1961: 175/377 = 46% |
1962: 136/311 = 44% |
1963: 116/302 = 38% |
| 1964: 116/286 = 41% |
1965: 63/286 = 22 % |
1966: 101/287 = 35% |
| 1967: 95/307 = 31% |
1968: 79/310 = 25% |
1969: 151/470 =
32% |
| 1970 |
1971 |
1972 |
| 1973 |
1974 |
1975 |
| 1976 |
1977 |
|
|
On note une nette diminution du % de dessins
médicaux au fil des années alors que le nombre de dessins, par
numéro, reste globalement identique. |
Publicités pharmaceutiques:
Voici la liste des 95 médicaments qui bénéficièrent d'une publicité
dans Ridendo:
Activarol, Activarol C500, Aniskémia, Ascortonyl, Aspirine Vitamine
B1C, Aspirine Vitamine C, Bi-citrol Marinier, Biotrigon, Biotrigon Hépatique,
Bismuthbile, Bismutitane, Bismuth Polysilane, Bromocarbone, Coirre, Cobaltyl Buriat, Cogitum, Colarsenol, Collusulfamyd,
Cortiglottyl, Cystine Vigier, Dactilase, Décontractyl, Déturgylone, Diénol,
Difrarel, Digibaïne,
Diurophyte-Choline, Dolal, Dynamion, Eductyl, Erythroton, Eucalyptine Le Brun,
Eucalyptine-Pénicilline, Fertabolin, Ficarmone 120, Foncitril 4000,
Formocarbine, Gastramine, Gastrolena Sorbitol, Génoline, Glésol, Glottyl,
Haldol Faible, Halopéridol Faible, Histogénol, Hypnasmine, Imodium,
Infangyl, Intercyton, Justabovit, Pholcodine, Iodamelis, Lamaline, Lansoyl Gelée,
Lespénéphryl, Liprodène, Mégabyl,
Mépalgic, Mictasol, Mictazine, Naïodine, Nuclévit B12, Otipax, Pancalcion,
Phosphoneurol, Précatyl, Protélipan, Protéosulfan, Pyridoscorbine,
Rétralgan, Revitalose C 1000, Salgydal, Sorbitol, Spasmosédine,
Spécyton, Sulfoïdol, Surfortan, Surhème, Tensitral, Terramyrtine, Thio-Naïodine, Titane Coirre,
Toxipan, Transfusine, Transoddi, Trilucyl, Trioxazine,
Trophirès, Trophirès Composé, Ultra-Levure, Uvit B, Vériane Buriat, Vitamine C Glucose, Vulcrinol
Marinier
Voir l'étude complète
qui propose l'intégralité des publicités parues sous forme de dessins
humoristiques.
Les hors série:
Seuls quelques numéros furent réellement consacrés, les premières
années, exclusivement à un
sujet spécifique, ils prennent ainsi toute leur valeur et apparaissent
indispensables à l'amateur!
-n° 32 consacré aux cures médicales (textes et dessins en totalité)
-n° 45 consacré aux maladies éruptives (textes et dessins en
totalité)
-n° 69 consacré à l'Exposition de 1937 (textes et dessins en
totalité)
-n° 89 consacré à la Salle de garde (textes et dessins en totalité)
-n° 104 consacré aux Infirmières (textes et dessins en totalité)
Consacrés à un seul thème, ce sont les plus intéressants mais aussi les
plus rares!
Les concours:
Il y eu, les premières années, plusieurs concours organisés par la revue avec de nombreux prix
sous forme de livres, souvent très richement illustrés, sur papiers
rares, numérotés et qui valent cher aujourd'hui.
-1935: concours du slogan publicitaire en mars. En voici quelques slogans gagnants:
*Bi-Citrol: "La révision des tensions", "Epatant pour
l'hépatique", "A sang épais, Bi-Citrol plaît"
*Biotrigon: "Arrondit les angles", "Une mesure, deux poids"
*Eucalyptine: "Toux va bien", "La fin de toux"
*Iodamelis: "Point de sclérose, ni de varices, Iodamelis les
années glissent", "Iodamelis fait jambe lisse"
*Mictasol: "C'est le pain des pisses", "L'éclusier du canal"
-1937: concours
s'étalant des n° 68 au 72 consistant à trouver une légende à des
dessins de Schem, Varé, Genty, Touchet et Hémard ayant un rapport avec
les médicaments promus dans la revue (Bi-Citrol, Biotrigon, Eucalyptine,
Mictasol et Naïodine)
-1938: concours en mars (n° 86) où il s'agissait d'attribuer une
maladie à 12 personnes célèbres (acteurs, hommes politiques...) et d'en
faire une prescription humoristique.
-1939: concours en avril où il s'agissait de définir les médicaments
promus dans la revue en un ou deux mots type "sobriquet" (Bi-citrol,
Biotrigon, Eucalyptine Le Brun, Mictasol, Pancalcion), en raison de la
guerre, les résultats ne paraîtront qu'en 1940.
-1956: retour des
concours en février 1956 où il s'agit de fournir des définitions
humoristiques de parasites (ascaris, taenia...), chaque mois, les
oeuvres des gagnants sont publiées. Ce concours mensuel se poursuit
jusqu'en octobre 1957.
-1968:
concours débutant dans les n° 316, 317 et 318 où il convient au lecteur
de proposer des légendes à des dessins muets de Sainvet.
Les séries:
A noter, au fil des numéros, l'apparition de séries souvent très
intéressantes:
-une série originale de dessins de Sauvant W. Maurice, appelée "Micro-dialogues", sur les
éléments sanguins et que l'on retrouve, à raison de 2 (rarement) ou 4 dessins par
page, dans les numéros 7, 8, 9,
10, 16, 17, 39, 40, 42, 48, 75, 77, 79, 80, 81, 82, 84, 86, 87, 95, 97,
98, 99, 100, 106, 107, 109, 112, 113, 114, 115, 117, 119, 120, 121, 123,
124, 125, 126, 129, 130, 131, 134, 140, 142, 143, 144, 146, 147, 148,
149
|
 |
 |
|
Copyright Sauvant
M./Ridendo n° 106 |
Copyright Sauvant
M./Ridendo n° 134 |
-une série de dessins de Silvant intitulée "La médecine à l'âge de
pierre" que l'on retrouve dans les numéros: 80, 81, 82, 85, 86, 87,
92, 93, 95, 100
-une série intitulée "Bichonnet infirmier" qui conte en 4 dessins par
page les mésaventures d'un infirmier, dessinée par Moinss, on la
retrouve dans les n° 103, 106, 108, 110, 116, 119, 122

Copyright Moinss/Ridendo
n° 116
-une excellente série de Lep
intitulée "Le nouveau dictionnaire médical" dont le dessinateur illustre
avec talent les différentes lettres dans 25 numéros (il n'y a pas de
lettre W). On trouve les planches dans les n°
157, 158, 159, 160, 161, 162, 163, 164, 165, 166, 167, 168, 169, 170,
171, 172, 173, 174, 175, 176, 178, 179, 180, 181, 182

Copyright Lep/Ridendo n°
163
-une série de Doucet
intitulée "Mam'zelle Irma, infirmière de 1ère.." sous
forme de strip de 3 à 5 vignettes, parue dans les n° 160, 161, 164,
167, 174
-une autre excellente série de Raymond Lep qui s'étale sur plusieurs
mois avec toujours beaucoup d'humour intitulée "Les sciences
médicales" comme la cardiologie, la chirurgie, la médecine légale,
l'hydrologie etc., parue dans les n° 186, 187, 188, 189, 190, 191, 192,
193, 194, 195, 196, 197, 198, 199

Copyright Lep/Ridendo n°
187
Où les trouver?:
Il est très difficile
de trouver les premières années en très bon état (plus de 70 ans!). Et
plus encore les deux n° d'essais de 1933.
Les
bouquinistes les vendent au n° et parfois hors de prix à 10, 20, 30
voire 40 euros le n°!
Il fut un temps ou l'on pouvait parfois trouver de gros lots sur eBay de
cent numéros ou plus pour 20 ou 30 euros, ce temps semble révolu, on en
trouve à la pièce de un à quelques euros maintenant.
Il était aussi une pratique dans les années 40-70 consistant à demander
à une relieur professionnel d'assembler une ou plusieurs années d'un
magazine, voire de relier des titres différents mais au thème proche. On
peut ainsi trouver au décours d'une brocante, ou chez les bouquinistes
de telles reliures. L'état de conservation peut être dans ces conditions
parfait.
A signaler qu'en 1954, paraissait déjà une annonce d'un médecin cherchant
les 119 premiers n° d'avant guerre!

Copyright Ridendo/OVP
(merci à Jean Duthoit pour cette photo)
Conclusion
A l'image de
l'Assiette au Beurre considérée comme la meilleure revue satirique de
tous les temps par sa richesse et sa qualité, Ridendo est certainement
la revue francophone (pour ne pas dire mondiale) d'humour médical la
plus interessante par ses milliers de dessins inédits, de textes et de
publicités pharmaceutiques humoristiques et par sa longévité
exceptionnelle (44 années).
Elle a ravi pendant quelques décennies des dizaines de milliers de
médecins en leur apportant un moment de détente et de bonne humeur à une
époque où les praticiens vivaient 24 heures sur 24 pour leurs patients
et s'accordaient peu de loisirs. Elle a permis à ces mêmes médecins de
découvrir le dessin d'humour, des dessinateurs illustres ou en devenir.
Ridendo est aussi au travers d'une rubrique comme "Les jeux et les ris"
une extraordinaire étude sur notre société entre 1933 et 1977, dénonçant
ses travers, ses turpitudes, ses futilités, toujours prompte à se moquer
de ses politiques comme du corps médical.
Au lecteur d'aujourd'hui qui se replonge dans ces anciens numéros, elle
apporte un humour que l'on ne retrouve dans aucune autre revue
actuellement. Tel un bon vin, Ridendo se bonifie avec le temps et se
délecte avec un plaisir rare.
Et qui sait ce qu'elle aurait pu encore produire si une ministre, en son
temps, avait su s'abreuver de cet humour...
Je recherche en TBE le n° 116 que je
possède mais en état moyen.

Copyright Lep/Ridendo n°
449 Septembre 1977
|