Barberousse: interview

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 Interview épistolaire réalisée en avril 2007

 Carte réalisée par Barberousse pour cette interview

Q1: Barberousse, d’où vient ce pseudonyme?
Barberousse: Ni l’empereur, ni le pirate ne m’ont influencé!
J’avais simplement les cheveux châtains et la barbe rousse.

Q2: D’après mes sources, vous avez débuté dans le dessin animé, vous pouvez nous en dire plus sur cette période?
Barberousse: C’était un petit studio où j’ai appris l’animation. Cela m’a beaucoup intéressé, mais je me suis dirigé vers la presse.

Q3: Vous souvenez-vous de votre premier dessin paru dans un journal?
Quels sentiments éprouve-t-on lorsque l’on voit ainsi, ce pour quoi on aspire, se réaliser enfin?
Barberousse: Ce n’est pas le dessin dont je me souviens le plus, mais des journaux où il était imprimé. Journaux que je distribuais et montrais à tout le monde, famille, amis, avec une délectation évidente!
Vanitas vanitatum!

Q4: Vous semblez avoir rapidement délimité votre “univers” de dessinateur avec des animaux comme les chats, les souris.
Est-ce lié à vos débuts dans le dessin animé de l’époque ou la résultante d’un amour profond pour ces petits compagnons de route?
Avez-vous eu beaucoup de chats dans votre vie?
Barberousse: J’ai commencé par des personnages et un jour une idée avec des chiens m’est tombée sur la tête, est entrée dedans et n’en est plus sortie, car tous les journaux m’ont demandé des dessins de chiens et autres animaux.
Alors j’ai fait les chats, les souris, les oiseaux, les lapins…
On m’a collé une belle étiquette sur le front “C’est moi qui ne dessine que des animaux”.
J’étais coincé. Ceci dit, j’aime les animaux. Un chat a fait un court passage chez nous et sous ma voiture, mais J’ai eu quatre chiens dont le dernier, un cocker roux (c’est la moindre des choses).
J’aurais voulu un éléphanteau, mais une pétition des locataires m’en a empêché!

Q5: Dans les années 50-60, vous avez réalisé plusieurs recueils pour des Laboratoires Pharmaceutiques. Comment cela se passait-il à l’époque?
On vous contactait et l’on vous donnait des thèmes à illustrer?
Etait-ce un moyen de vous faire connaitre ou simplement un bon moyen de subsistance en attendant des jours meilleurs?
Barberousse: Les recueils pour des Laboratoires Pharmaceutiques nous étaient demandés et nous étions libres de cogiter à notre aise. C’était très bien payé et nous faisait de la publicité.

Q6: Avez-vous côtoyé les dessinateurs comme Effel, Bellus, Peynet… qui ont aussi collaboré à des séries comme “Comment on s’enrhume” des Laboratoires Le Brun. Quels souvenirs gardez-vous de cette époque?
Barberousse: Evidemment j’ai connu Jean Effel, Bellus, Peynet, Dubout et autres dessinateurs, que nous jeunes dessinateurs regardions avec respect et envie.
La fille de Peynet est devenue la marraine de notre fils et ma femme la marraine de sa petite fille.

Q7:Vous avez collaboré à plusieurs émissions pour la télévision comme Minizup et Matouvu  ou Reinefeuille. Vous pouvez nous en dire plus sur ces collaborations?
Barberousse: C’était l’époque des marionnettes à fils. Pour Matouvu et Minizup, comme pour Reinefeuille, j’ai créé les personnages pour leur exécution en trois dimensions. Ensuite pour l’antenne j’ai écrit les textes.

Q8: Vous avez illustré pendant des décennies des magazines comme France Dimanche, Ici Paris, aviez-vous toute liberté de sujet ou votre rédac-chef vous imposait-il des thèmes, des limites?
Barberousse: No limit. Total freedom.

Q9: Contrairement à d’autres illustrateurs (Piem, Faizant…), vous n’avez pas beaucoup produits de recueils de vos dessins. Le journal étant par définition éphémère, il y a, quelque part, une disparition de vos dessins, de leur “mémoire”. Il y a t-il des raisons à cela?
Barberousse: Je n’avais pas le temps de m’occuper de livres. J’étais trop pris par la publicité.

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Q10: En matière de BD ou d’illustrateurs, quels sont vos auteurs favoris?
Barberousse: Franquin, Morris…j’arrête car il y en a tellement. Dans les récents, les “Tuniques bleues” m’amusent beaucoup, et d’autres, et d’autres… Bref, j’aime la BD.

Q11: Si vous n’aviez pas dessiné, qu’auriez-vous aimé faire?
Barberousse: J’aurais aimé être acteur. Si je ne le suis pas devenu, c’est que mon feu n’était pas assez sacré!

Q12: Quelle est votre plus grande satisfaction professionnelle?
Barberousse: Un médecin m’a dit un jour: “Vous savez que vos dessins sont des auxiliaires de la médecine? Mes patients à l’hôpital attendent les journaux avec impatience, vos dessins les font rire, leur moral s’en ressent et la guérison s’accélère”.
Ce jour là, j’ai éprouvé une grande satisfaction professionnelle!

Q13: Vous avez 87 ans cette année, je crois savoir que vous dessinez toujours, est-ce pour vous un besoin ou un plaisir?
Barberousse: Passé 80 ans, il est difficile de s’arrêter. Besoin ou plaisir, les deux sont compatibles.

Q14: Quel est votre plus grand regret de dessinateur?
Barberousse: J’ai toujours regretté de ne pas avoir travaillé aux Etats-Unis.

Q15: Internet a révolutionné le monde de l’illustration, le dessinateur Deligne a un des blogs les plus visités de France. Utilisez-vous Internet?
En quoi l’informatique a t-elle éventuellement modifié votre façon de travailler?
Barberousse: Je n’ai pas eu, ni pris le temps de m’occuper d’Internet qui m’est une planète inconnue. Mon fils s’en occupe pour moi.

Q16: J’ai quelques dessins de vous parus dans des revues médicales. Etait-ce une vraie collaboration où une reprise de dessins à thème médical mais parus précédemment dans d’autres journaux?
Barberousse: Les dessins dans les revues médicales sont exécutés uniquement pour la revue en fonction des sujets traités par elle.

Un immense merci pour votre gentillesse et votre disponibilité.

 

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